Sabine,
Ma grande sœur, « Parole d'Évangile ». Non ! Je ne vais pas vous lire l'évangile, mais c'était son surnom à l'adolescence, celui qu'elle s'était donnée, car elle avait toujours raison. Moi j'étais « erreur génétique » … pas besoin d'explication Et Benoît n'avait pas vraiment de surnom mais on aurait pu l'appeler « l'opportuniste » comme dans la chanson, « qui retourne sa veste toujours du bon côté ».
Toi, l'ainée, Toi la grande, toi la sérieuse, toi la raisonnable, toi qui de principe n'avait pas de principes Tu étais la grande qui s'enfermait dans la salle de bain de chez mamie avec Véro pour vous raconter des trucs de grandes. Tu étais la grande qui avait eu le droit d'aller voir « La Boum » avec Céline alors que Joëlle Benoît et moi on était allé voir « ET ». Tu étais la grande qui déjà super expérimentée car en 5ème m'avait accompagnée dans la cour bondée du collège le jour de mon entrée en 6ème. Tu étais la grande qui avait eu le droit d'aller seule, en train, à Carnon. Tu étais la grande …
Tu es partie la première à Lyon pour tes études : la chance ! la liberté ! Mais cette chance n'a pas été si facile à vivre seule dans ta petite maisonnette en bord de périph puis dans ta chambre de cité U. La chance ! encore d'après Geneviève, une cité U toute neuve ! enfin neuve 25 ans auparavant !!!
Et puis tu es allée courageuse, avec papa consulter la liste des admis sur le mur de l'amphi Hermann. Alors tu as été assez grande pour prendre ton appart à la Croix Rousse toute seule, future professeur des écoles, future maicresse.
Et puis est arrivé Philippe, le copain d'armée du Philippe de Céline. Une séparation … un trou noir… Mais votre histoire c'était pour la vie.