Sabine, ma petite belle-sœur,
Je n'oublierai jamais cet appel de ce mardi 28/11 à 0h01 où mon frère m'appelait pour me dire que tu étais partie avec le Samu. Sa voix n'était pas rassurante comme d'habitude et j'ai compris que c'était grave, cette fois! Nous sommes allés récupérer Philippe chez vous et tu avais déjà laissé un grand vide! Arrivés à l'hôpital, mes jambes flageolaient et mon cœur sortait de ma poitrine à chaque respiration! La tienne Sabine était régulière, terriblement régulière! Tu étais reliée à une machine qui dictait le rythme de ton cœur. Ton visage était reposé, ton corps était froid, si froid.... Mais tu étais là, devant nous! Difficile d'échanger des mots dans ces cas-là! Seuls nos regards désespérés se croisaient et parlaient.
Et puis très vite, nous avons été invités dans cette petite salle écrite "salle réservée aux familles". Je savais où j'allais. Je la connaissais cette salle!! Mes jambes étaient lourdes et ne voulaient pas y entrer! Mais il fallait le faire parce que nous avions aussi besoin de savoir si tu allais nous dire, comme à ton habitude: "mais ça va aller, je vais m'en sortir" ou comme tu as pu me le dire la semaine dernière: "des fois il me faut un bon coup de pied pour repartir". Tu en as reçu des coups de pied. Mais le médecin, ce jour-là, avec une voix calme et posée ne nous as pas laissés l'Espoir que tu allais encore t'en sortir! A ce moment-là, je comprends. Ma tête est comme dans un étau, mon cœur se serre, mon regard se porte sur toi mon frère qui ne cesse de répéter "ce n'est pas possible". Non, ce n'est pas possible! Dites-nous juste que c'est un mauvais rêve, sortez-nous de là et laissez-nous reprendre notre souffle! Ce n'est pas ça que l'on veut entendre Mais la maladie en a décidé autrement et ne te laissera aucune autre chance! Alors on repart avec les bras, les jambes et les pieds encore plus lourds à trainer. Notre cœur est brisé! La suite, nous la connaissons tous ! Et c'est à chaque fois, pour cela que nous arrivons tous à nous réunir pour une dernière fois ! Cette fois-là sera pour toi Sabine.